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Comment les tourments spirituels de Spurgeon ont conduit son Église à prendre soin des âmes.

  • il y a 17 heures
  • 9 min de lecture

Parmi les nombreux surnoms attribués à Charles Hadden Spurgeon, le titre de son ouvrage le plus célèbre, « Le Gagneur d'âmes », en est peut-être la description la plus pertinente et la plus complète.

« Je préfère sauver une âme de la mort que d'être le plus grand orateur du monde », déclarait Spurgeon.(1) « Gagner des âmes est la mission principale du pasteur »… « l'objectif premier de tout véritable croyant. »(2)

(1)Charles H. Spurgeon, C.H. Spurgeon Autobiography: The Early Years, Vol. 1., (Carlisle, 1962). 197.

(2)Charles H. Spurgeon, The Soul-Winner: Advice on Effective Evangelism, (Fearn: Christian Focus Publications, 1992), 5.

Non seulement il prêchait constamment en accord avec cette conviction, mais Spurgeon donnait aussi l'exemple du salut des âmes dans sa vie personnelle et à la tête du Metropolitan Tabernacle. Un historien rapporte que durant les 38 années de son pastorat, 14 692 personnes furent baptisées et rejoignirent le Metropolitan Tabernacle (3) Pour Spurgeon, ce nombre impressionnant n'était pas qu'une simple statistique, mais autant d'âmes à former. (4)

(3) Eric Hayden, Highlights in the Life of C.H. Spurgeon (Pasadena, TX : Pilgrim Publications, 1990), p. 69.

(4) Spurgeon, The Soul-Winner, p. 6-7.

« Pour nous, gagner des âmes ne se résume pas à inscrire à la hâte plus de noms sur les registres de notre église, dans le but d’afficher une belle augmentation en fin d’année », a déclaré Spurgeon. « Notre mission consiste notamment à leur enseigner à observer tout ce que le Christ leur a commandé. » (5)

(5) Spurgeon, The Soul-Winner, p. 6-7.

-> Gagner des âmes, c'est en prendre soin

Contrairement à la plupart de ses contemporains, Spurgeon concevait le salut des âmes de manière holistique, non seulement comme une conversion, mais aussi comme la formation de disciples au sein de l'Église locale. Il disait :

« Les efforts chrétiens, déconnectés de l'Église, sont comme semer et récolter sans grange pour entreposer les fruits de la moisson ; ils sont utiles, mais incomplets… Nous pouvons nous réjouir des conversions, mais sans appartenance à l'Église locale, ces convertis demeurent cachés, sans formation de disciples et désobéissants aux commandements du Christ. » (6)

6 .Thomas Kidd, “Charles Spurgeon the Pastor,” The Gospel Coalition, January 10, 2023, https://www.thegospelcoalition.org/blogs/evangelical-history/charles-spurgeon-the-pastor/

Les recherches récentes de Geoff Chang montrent que, malgré l'abondance des études consacrées à Spurgeon, son ecclésiologie reste largement inexplorée. Sans aucun doute, les convictions bibliques de Spurgeon concernant l'Église ont fait de son ministère d'évangélisation un ministère d'accompagnement spirituel solide et complet, mais ses propres souffrances y ont également contribué.

Les luttes spirituelles de Spurgeon

Bien avant l'émergence du mouvement moderne de conseil biblique, Spurgeon était profondément engagé dans l'accompagnement spirituel. Il connaissait intimement la souffrance et était pleinement conscient de la grâce de Dieu envers ceux qui souffrent.

Des experts ont décrit en détail les nombreuses épreuves traversées par Spurgeon : des affections physiques telles que la variole, la goutte, les rhumatismes, l'obésité et une inflammation rénale brûlante appelée maladie de Bright ; des troubles mentaux, notamment une dépression et une anxiété sévères ; et un combat spirituel constant marqué par la calomnie, le poids de la prédication et des pensées suicidaires. Un psychiatre a fait remarquer que, s'il vivait aujourd'hui, Spurgeon serait diagnostiqué bipolaire et traité par médicaments. (7)

(7) Ray Rhodes Jr., Susie: The Life and Legacy of Susannah Spurgeon, Wife of Charles H. Spurgeon (Moody Publishers, 2021), 124.

Les épreuves traversées par Spurgeon ont fait de lui un modèle exemplaire de souffrance, ce qui l'a conduit à s'engager dans le soin des âmes.

Le traumatisme de Spurgeon

Un malheur important survint au début de son pastorat, le soir du 19 octobre 1856. Pendant un sermon à Surrey Hall, des plaisantins malveillants crièrent faussement à un incendie. Parmi les milliers de personnes rassemblées, la panique s'empara du corps. Sept personnes périrent et 28 furent grièvement blessées.

Spurgeon avait vingt-deux ans et venait de se marier. Il fut évacué de la chaire, sous le choc et profondément abattu, un état probablement aggravé par la naissance récente de ses jumeaux et les difficultés liées à son déménagement. « Cette tragédie absurde et les accusations publiques de la presse faillirent briser la raison de Charles », observa un auteur, « non seulement sur le coup, mais aussi durablement. » (8)

(8) Ray Rhodes Jr., Susie: The Life and Legacy of Susannah Spurgeon, Wife of Charles H. Spurgeon (Moody Publishers, 2021), 124.

Dans ses sermons, Spurgeon exprimait fréquemment son état : « Je ne suis absolument pas en état de m’adresser à vous ce soir. Je me sens extrêmement mal, excessivement lourd et extrêmement déprimé. » (9)

(9)Charles Spurgeon, Sword and Trowel 1869 (Ages Digital Library, 1998), 9.

Idées suicidaires de Spurgeon

La lutte de Spurgeon contre la dépression et l'anxiété était si intense et persistante qu'il évoqua son désir de mourir dans ses écrits à sa congrégation. En termes modernes, Spurgeon envisageait le suicide. Sa souffrance était si grande qu'il recourait souvent à des références bibliques pour exprimer ses pulsions suicidaires. Spurgeon prêcha un jour : « Je pourrais moi aussi dire avec Job : “Mon âme préfère la mort à la vie… J’aurais pu aisément me donner la mort pour échapper à ma misère.” » (10)

(10) Charles Spurgeon, “The Shank-Bone Sermon; Or True Believers and their Helpers,” MTP 36:252.

Dans un autre sermon, faisant référence à la prière d’Élie demandant la mort (1 Rois 19,4), Spurgeon dit de lui-même : « Je connais quelqu’un qui, dans l’amertume de son âme, l’a souvent prononcée. » (11) Dans un sermon sur le Psaume 88, il commenta : « Pire que la mort physique, l’ombre terrible plane sur nous… la mort serait accueillie comme un soulagement par ceux dont l’âme abattue fait de leur existence une mort lente. » (12)

(11) Charles Spurgeon, “Elijah Fainting,” MTP 47:273.

(12) Charles Spurgeon, Psalm 88, Treasury of David, The Spurgeon Archive http://www.spurgeon.org/treasure/ps088.htm

Aussi profondes qu'aient été les souffrances de Spurgeon, le Seigneur s'en est servi. Dans ses prédications, ses enseignements et ses écrits, Spurgeon a su compatir avec ceux qui souffraient et les conduire vers Dieu. Il disait : « Je plongerais cent fois dans les profondeurs de l'abîme pour réconforter un esprit abattu. Il est bon pour moi d'avoir été affligé, afin de savoir trouver les mots justes pour réconforter celui qui est las. »

Zack Eswine écrit :

« Le fait qu'un pasteur chrétien aussi éminent ait lutté contre la dépression et en ait parlé si ouvertement nous invite à nouer une amitié avec un compagnon de souffrance. Tandis que ce pasteur et prédicateur se débattait avec la foi et le doute, la souffrance et l'espérance, nous avons trouvé un compagnon de route. Dans son histoire, nous pouvons commencer à trouver la nôtre. Ce qu'il a trouvé en Jésus dans les ténèbres peut être une lumière dans nos propres ténèbres. »

-> L’accompagnement spirituel fondé sur l’autorité, la suffisance et la pertinence de la Parole

Spurgeon a formé ses fidèles dans l’adversité principalement en enseignant l’autorité, la suffisance et la pertinence des Écritures. Pour lui, « la Bible était l’autorité principale… pour secourir les âmes en détresse », et « il considérait les Écritures comme suffisamment complètes pour traiter de toute condition ou problème humain fondamental ». (14)

(14) David Powlison, ed. “Must Reads on Counseling in the Church,” in The Journal of Biblical Counseling. (Glenside: Christian Counseling and Education Foundation, 2016), Kindle Edition.

 Spurgeon interpellait ses auditeurs :

« Es-tu étudiant, mon cher frère ? Étudies-tu les Écritures ? Efforce-tu de percer les mystères de Dieu ? Sais-tu que tu n'en sais encore que très peu ? Les grands mystères te déconcertent-ils ? Te sens-tu insensé ? Es-tu arrivé à ces abîmes insondables dont on ne voit jamais le fond ? Eh bien, même si tu peines à étudier les Écritures, persévère ! Approche-toi de la Parole de Dieu – sonde-la en profondeur, étudie-la, médite-la, consacre-toi entièrement à elle, cherche à connaître tout ce que Dieu a révélé – car les choses révélées, aussi mystérieuses soient-elles, t'appartiennent. »

Par la Parole faisant autorité, suffisante et pertinente, Spurgeon enseignait à son Église :

« Dieu n'a pas promis de satisfaire nos désirs de richesse, de santé, d'immunité face aux épreuves, aux douleurs ou à la mort dans cette vie. Ce que Dieu a promis, c’est d’être avec nous, de pleurer avec nous, de se réjouir avec nous, de nous aider, de nous fortifier, de ne jamais nous abandonner et de triompher avec nous de tout mal et de toute horreur. Son amour, ses desseins et sa bonté ne connaîtront jamais de fin et rien de mauvais ne pourra jamais les vaincre.(15)

(15) Eswine, Spurgeon’s Sorrows, 103.

Telle était la confiance que Spurgeon avait dans les Saintes Écritures pour les saints souffrants.

-> Un accompagnement spirituel fondé sur une théologie solide

Spurgeon prenait également soin de ses fidèles en les ancrant dans une théologie solide. Il avertissait : « Ceux qui rejettent la doctrine chrétienne sont, qu’ils en soient conscients ou non, les pires ennemis de la vie chrétienne… [car] les fondements de l’orthodoxie sont nécessaires au feu de la piété. »(16)

(16) Charles H. Spurgeon, A Marvelous Ministry, 128.

Spurgeon insistait sur la doctrine de la souveraineté de Dieu – que Dieu a un dessein pour nos souffrances et que celles-ci contribuent à notre bien ultime. Il rappelait aux croyants troublés cette espérance rayonnante :

« Cette dépression m’envahit chaque fois que le Seigneur prépare une plus grande bénédiction pour mon ministère ; le nuage est noir avant de se dissiper, et l’ombre plane avant que ne déverse son déluge de miséricorde. La dépression est désormais pour moi comme un prophète en habits rudes, un Jean-Baptiste, annonçant la venue imminente de la plus riche bénédiction de mon Seigneur. Des hommes bien plus vertueux l’ont vécue ainsi. Le nettoyage du vase l’a rendu apte à l’usage du Maître. L’immersion dans la souffrance a précédé le baptême du Saint-Esprit. Le jeûne ouvre l’appétit pour le festin… Le désert est le chemin de Canaan. La vallée profonde mène à la montagne imposante. La défaite prépare la victoire. Le corbeau précède la colombe. L’heure la plus sombre de la nuit précède l’aube. » Les marins descendent dans les profondeurs, mais la vague suivante les fait remonter vers le ciel ; leur âme est brisée par l’épreuve avant qu’il ne les conduise au havre désiré.(17)

(17) 17 .Spurgeon, “The Minister’s Fainting Fits,” 8.

Ainsi, Spurgeon a amené ses auditeurs à comprendre la souffrance comme le moyen souverain par lequel Dieu nous sanctifie.

-> Le soin des âmes centré sur le Christ et son Évangile

Parmi toutes les manières dont Spurgeon a pris soin des âmes du Metropolitan Tabernacle, la prédication et l'enseignement centrés sur le Christ étaient les plus marquants. Spurgeon exhortait les disciples et inspirait des générations à : « Prêchez le Christ, encore le Christ, et rien d'autre que le Christ. » Nul n'a mieux incarné cet engagement que Spurgeon lui-même, même au cœur de la souffrance. Il rappelait à son peuple qu'en période de grande douleur, « la compassion de Jésus est ce qu'il y a de plus précieux après son sacrifice »(18), et qu'en Christ, les croyants reçoivent les deux !

(18) Spurgeon, “Man of Sorrows,” MTP 19:124.

Spurgeon consolait souvent son assemblée en leur disant que, puisque Jésus était l’Homme de Douleur, « Jésus est touché, non par votre force, mais par votre faiblesse ! Comme une mère ressent la faiblesse de son enfant, Jésus est touché par la souffrance des plus pauvres, des plus tristes et des plus faibles de ses élus ! » (19) C’est pourquoi Spurgeon exhortait : « Ayez foi en la Parole de Dieu, foi en la présence du Saint-Esprit, foi dans le Sauveur qui règne, foi dans l’accomplissement des desseins éternels, et vous serez pleins de confiance, comme une armée en ordre de bataille. » (20)

(19) (20) Spurgeon, “Tenderness of Jesus,” MTP 36:315, 320

-> Le soin des âmes enraciné dans la vie de l'Église

Enfin, Spurgeon prenait soin des âmes de ses membres en les enracinant dans une appartenance significative à l'Église. Il enseignait :

«  L'Église n'est pas un groupe de personnes non régénérées se réunissant de leur propre chef pour défendre tel ou tel dogme. De telles personnes peuvent former un club, mais elles ne peuvent pas constituer une Église ! Il doit y avoir une réunion d'hommes renouvelés, au nom de Jésus, par la puissance du Saint-Esprit – et ceux-ci doivent se réunir dans le but que Dieu lui-même a institué – et être unis selon sa volonté. » (21)

(21) Spurgeon, “Tenderness of Jesus,” MTP 36:315, 320

Spurgeon était convaincu que l’appartenance à une Église régénérée était le moyen ordinaire de la grâce qui permettait la meilleure évangélisation et le meilleur accompagnement spirituel, du gain des âmes à l’entretien spirituel, du début à la fin. « Qu’est-ce qu’une Église ? » demandait Spurgeon. « C’est une assemblée – et une Église chrétienne est une assemblée d’hommes fidèles – c’est-à-dire d’hommes qui connaissent la Vérité de Dieu, y croient, la reconnaissent avec audace et y adhèrent. (22)

(22) Charles H. Spurgeon, “What the Church Should Be,” MTP 24:541-532

Geoff Chang a identifié deux méthodes employées par Spurgeon pour amener son église, forte de plus de 5 000 membres, à mettre en œuvre une véritable pratique d'adhésion :


1- Un processus d'adhésion rigoureux. Autrement dit, il a mis en place une procédure d'adhésion complète comprenant un entretien avec un ancien, un entretien pastoral, une proposition à la congrégation et la désignation d'un délégué, une enquête auprès de ce délégué, un entretien avec la congrégation et un vote. (23)

(23) Geoff Chang, ‘A Hedging and Fencing’: How Charles Spurgeon Promoted Meaningful Membership,” 9Marks, n.d., https://www.9marks.org/article/a-hedging-and-fencing-how-charles-spurgeon-promoted-meaningful-membership/.


2- Porter une attention particulière aux listes de membres.

On pourrait en dire bien plus sur la manière dont Spurgeon a conduit son église vers un ministère holistique d'évangélisation et d'accompagnement spirituel, mais le point essentiel est clair : Spurgeon était engagé dans l'accompagnement spirituel au sein de l'église locale.

James Choi

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