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𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐥𝐞 𝐥𝐨𝐮𝐩 𝐬𝐞 𝐝𝐞́𝐠𝐮𝐢𝐬𝐞 𝐞𝐧 𝐛𝐫𝐞𝐛𝐢𝐬 : 𝐋𝐞𝐬 𝐫𝐚𝐯𝐚𝐠𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐭𝐡𝐞́𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞 𝐦𝐨𝐮𝐯𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞́𝐯𝐚𝐧𝐠𝐞́𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞

  • il y a 1 jour
  • 23 min de lecture

C’est quand même un comble que pour de nombreux évangéliques aujourd’hui Charles Grandison Finney soit devenu un modèle, car 𝐬𝐚 𝐭𝐡𝐞́𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐥𝐨𝐢𝐧 𝐝’𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐞́𝐯𝐚𝐧𝐠𝐞́𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞.

En tant que conducteur chrétien, il n’a rien d’un modèle d’humilité et de spiritualité.

Même son autobiographie le dépeint comme un personnage douteux. Son propre récit donne de lui l’image d’un homme têtu, arrogant, et même quelque peu retors.




-> 𝐅𝐑𝐀𝐔𝐃𝐄𝐔𝐑 𝐃𝐄𝐒 𝐋𝐄 𝐃𝐄́𝐏𝐀𝐑𝐓

Dès le départ, le ministère de Finney repose sur la duplicité. Il obtient sa licence de prédicateur comme pasteur presbytérien en déclarant qu’il adhère à la Confession de Foi de Westminster. Par la suite, il avouera qu’il ignorait presque tout du contenu de ce document. Voici sa propre description de l’épisode au cours duquel la commission des ministères l’examina pour déterminer s’il était spirituellement qualifié et apte à enseigner la saine doctrine.

« Contrairement à mon attente, la commission me demanda si j’acceptais la Confession de Foi de l’Église presbytérienne. Je n’avais pas examiné ce long document qui comprend les Catéchismes et la Confession de Foi des presbytériens. A aucun moment je ne l’avais étudié. Je répondis donc que j’en acceptais la substance doctrinale dans la mesure où je la comprenais. Je laissai clairement entendre, à ce qu’il me semble, que je ne prétendais pas bien connaître ce document. Cependant je répondis honnêtement, en fonction de la compréhension qui était alors la mienne » [Charles Finney, The Memoirs of Charles Finney : The Complete Restored Text (Grand Rapids: Academie, 1989) pp. 53, 54.]

Un peu à la manière de Bill Clinton, Finney affirme avec insistance qu’il répondit « honnêtement », et pourtant, de toute évidence, il a délibérément trompé ses examinateurs. Son talent pour décortiquer les termes juridiques lui aurait été bien utile s’il avait fait de la politique au début du vingt et unième siècle : mais pour un conducteur d’église de son époque, il manifeste une impudence effroyable. Plutôt que d’admettre qu’il ignorait tout des principes doctrinaux de sa dénomination, il affirme qu’à « ce qu’il lui semble » il a parlé « de manière à laisser entendre » qu’il ne prétendait « pas bien connaître » ces documents. La vérité, c’est qu’il n’avait même pas examiné cette Confession de Foi et qu’il n’en connaissait rien du tout. Lamentablement mal préparé à cette ordination, il n’avait aucun droit de solliciter une licence de prédicateur auprès des instances presbytériennes. Finney écrit : « J’ignorais que le règlement presbytérien exigeait de demander au candidat s’il acceptait la Confession de Foi presbytérienne, et je ne l’avais donc jamais lue » [, p. 60].

Par conséquent, quand il déclare à la commission des ministères qu’il accepte « la substance doctrinale » de cette Confession, rien n’aurait pu être plus loin de la vérité ! Néanmoins, dans leur naïveté, les membres de la commission s’empressent de le croire et ils lui accordent une licence de prédicateur.

𝐏𝐨𝐮𝐫 𝐚𝐠𝐠𝐫𝐚𝐯𝐞𝐫 𝐬𝐨𝐧 𝐜𝐚𝐬, 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐚 𝐬𝐮𝐢𝐭𝐞 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝 𝐜𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐫𝐭𝐢𝐜𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐂𝐨𝐧𝐟𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐖𝐞𝐬𝐭𝐦𝐢𝐧𝐬𝐭𝐞𝐫 𝐞𝐭 𝐬𝐞 𝐫𝐞𝐧𝐝 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐭𝐞 𝐪𝐮’𝐢𝐥 𝐞𝐬𝐭 𝐞𝐧 𝐝𝐞́𝐬𝐚𝐜𝐜𝐨𝐫𝐝 𝐬𝐮𝐫 𝐩𝐫𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐭𝐨𝐮𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐢𝐧𝐭𝐬 𝐜𝐫𝐮𝐜𝐢𝐚𝐮𝐱. 𝐈𝐥 𝐬𝐞 𝐠𝐚𝐫𝐝𝐞 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐝𝐞 𝐝𝐞́𝐦𝐢𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐫 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞𝐫 𝐚𝐮 𝐦𝐚𝐧𝐝𝐚𝐭 𝐨𝐛𝐭𝐞𝐧𝐮 𝐩𝐚𝐫 𝐮𝐧 𝐦𝐞𝐧𝐬𝐨𝐧𝐠𝐞 ; conservant sa situation frauduleusement extorquée, il passera le reste de ses jours à démolir les convictions doctrinales de ceux qui lui ont ouvert la porte. Il s’en vante : « Dès que j’eus connaissance des claires déclarations de cette Confession de Foi sur ces points, je n’hésitai jamais, chaque fois que l’occasion se présentait, à déclarer que je les refusais. Je les répudiais et les démolissais. Chaque fois qu’un groupe quelconque se profilait derrière ces dogmes, je n’hésitais jamais à le démolir de mon mieux. » [Memoirs, p. 60].

Finney n’est nullement gêné d’avoir obtenu sa licence de prédicateur en feignant d’adhérer précisément à ces dogmes-là. « Lorsque je lus cette Confession de Foi, et que je vis les passages sur lesquels ces positions théologiques particulières s’appuyaient, je les trouvai scandaleux », déclare-t-il sans ambages. « Je n’éprouvais aucun respect pour un document qui cherchait à imposer à l’humanité des dogmes pareils. » [Memoirs, p. 61].


-> 𝐋𝐄 𝐁𝐀𝐆𝐀𝐆𝐄 𝐃𝐄𝐒 𝐀𝐍𝐍𝐄́𝐄𝐒 𝐃’𝐈𝐍𝐂𝐑𝐎𝐘𝐀𝐍𝐂𝐄

De toute évidence, les désaccords de Finney avec les doctrines de sa dénomination datent d’avant son passage devant la commission des ministères. Il reconnaît lui-même qu’il a consciemment rejeté les points essentiels de la théologie presbytérienne bien avant de rencontrer ses examinateurs. Il relate les débats théologiques dans lesquels il entraînait son pasteur, George G. Gale : « Je ne pouvais accepter ses positions sur l’expiation, la régénération, la foi, la repentance, l’esclavage de la volonté humaine, ni sur les autres doctrines se rattachant à celles-là. » [Memoirs, p. 46].

Même avant de se convertir, Finney avait souvent débattu de ces mêmes doctrines en s’opposant énergiquement à l’enseignement de Gale sur ces points. Il écrit :

« Aujourd’hui, je pense que je critiquais souvent ses sermons sans miséricorde aucune. Je lui opposais les objections qui se présentaient avec force à mon esprit … Que voulait-il dire par repentance ? S’agissait-il d’un simple regret d’avoir péché ? S’agissait-il d’une attitude entièrement passive ? Ou bien la volonté était-elle une des composantes de la repentance ? S’il s’agissait d’une transformation de la pensée, en quoi consistait cette transformation ? Que voulait-il dire par régénération ? Que voulait-il dire en affirmant qu’il s’agissait d’une transformation spirituelle ? Que voulait-il dire par le mot foi ? S’agissait-il d’une attitude purement intellectuelle ? Est-ce que cela consistait simplement à être convaincu, persuadé que les déclarations de l’Évangile étaient vraies ? » [Memoirs, pp. 10-12].

Apparemment, la « conversion » de Finney ne change rien à son scepticisme quant aux doctrines de sa dénomination concernant ces principes évangéliques cruciaux. Postérieurement à son expérience de crise, il rejette ces aspects de la Confession presbytérienne avec plus de vigueur que jamais. L’expérience émotionnelle intense que Finney appelle sa nouvelle naissance n’a servi qu’à confirmer le sentiment qui était déjà le sien : lui-même avait raison au sujet du christianisme et des Écritures, et la plupart des responsables de sa dénomination étaient soit des imbéciles, soit des dupes.

Le récit qu’il fait lui-même de sa conversion et de sa « formation » théologique donne l’impression que Finney était un homme auquel personne ne pouvait rien apprendre. Il dresse une liste détaillée des points de désaccord entre lui-même et le pasteur Gale. Pas une seule fois il ne fait l’ombre d’une concession au pasteur Gale (ni, d’ailleurs, à qui que ce soit d’autre). De toute évidence, il croit que sa compréhension intuitive des vérités spirituelles jointe à sa formation de juriste fait de lui un expert ès doctrine supérieur à tous les prédicateurs presbytériens réunis, formés dans des séminaires. Il traite constamment de dupes et de benêts les responsables qui adhèrent à la Confession de Foi. Convaincu qu’ils n’ont rien à lui apprendre, à partir de sa conversion il se place constamment au-dessus d’eux, et se considère comme le réformateur de leurs doctrines surannées et indéfendables. Il écrit :

« En réalité, la formation reçue par le frère Gale était totalement inadéquate. Il avait imbibé une série d’opinions théologiques et pratiques qui le maintenaient dans une sorte de camisole de force. Pour mettre en œuvre ses propres principes, il ne pouvait rien faire, ou pratiquement rien. Ayant accès à sa bibliothèque, je l’ai passée au peigne fin à propos de toutes les questions théologiques qui faisaient l’objet de nos débats ; et plus j’examinais ses ouvrages, moins j’étais satisfait. » [Memoirs, p. 55].

Désormais convaincu que son tuteur (le pasteur Gale) et tous les ouvrages des Réformateurs et des Puritains figurant dans sa bibliothèque étaient sans valeur aucune, Finney se met en devoir d’élaborer un système théologique conforme à ses propres goûts.

« N’étant pas théologien, je commençai par nier les opinions de Gale, mais sans lui opposer d’affirmations positives qui soient miennes. Je lui disais : « Vos positions ne sont pas prouvées. » Souvent, je disais : « Elles ne sont pas susceptibles d’être démontrées. » Voilà ce que je pensais alors, et je continue de le penser… Mon seul recours était d’aller directement à la Bible, à ma philosophie personnelle, et à mes pensées propres telles qu’elles se présentaient à ma conscience. J’ai commencé à édifier un système d’affirmations auxquelles j’adhérais, mais avec lenteur. Au début, je trouvais simplement impossible d’accepter sa vision ; dans un deuxième temps, j’ai peu à peu formé ma propre vision, en opposition avec la sienne, et il m’est apparu que ma vision correspondait clairement à l’enseignement de la Bible. » [Memoirs, p. 55, italiques ajoutés].

Autrement dit, les vues que Finney entretenait depuis toujours sur « l’expiation, la régénération, la foi, la repentance, et l’esclavage de la volonté humaine, ainsi que les doctrines se rattachant à celles-là » sont comme un bagage qu’il introduit dans sa propre théologie systématique. Avant sa conversion il s’était déjà opposé aux doctrines du pasteur Gale, et son opposition n’avait fait que croître depuis qu’il avait compris que ces doctrines étaient celles de la Confession de Foi [de Westminster]. Désormais il méprise les positions de « la vieille école ». Il n’est aucunement disposé à étudier des ouvrages qui défendent de telles doctrines.

Sans aucune « opinion positive » personnelle (en-dehors de son mépris affiché pour la doctrine réformée), il se contente momentanément de rejeter les conseils de Gale « en les niant simplement ». Mais peu à peu Finney comprend qu’il ne lui suffit pas de nier tout bonnement les doctrines de la Confession de Foi presbytérienne. Il se met donc à scruter les pages de l’Écriture en quête d’arguments pour réfuter ces doctrines qu’il méprise, tout en élaborant de nouvelles doctrines mieux adaptées à sa philosophie personnelle, et à ses pensées propres telles qu’elles se présentaient à sa propre conscience. Ce sont les idées avec lesquelles il jonglait déjà avant sa conversion ; il en fait le cœur d’une théologie à laquelle il restera attaché jusqu’à la fin de son existence. Autrement dit, en tant que nouveau « converti », Finney met au point une théologie en accord avec les préjugés qui étaient déjà les siens avant sa « conversion ».

Ses « Memoirs », son Discours sur le Réveil, et sa Théologie Systématique ne reflètent vraiment pas un homme qui tient l’Écriture en haute estime, mais un homme qui attribue une importance démesurée à sa propre personne. Là où l’Écriture ne lui convient pas, Finney recourt aux sophismes pour la neutraliser. Il y a des sections entières de sa théologie systématique où paragraphe après paragraphe, il se livre à des considérations philosophiques et moralisatrices. On peut souvent lire plusieurs pages d’affilée sans trouver la moindre référence à l’Écriture[1].



-> 𝐅𝐈𝐍𝐍𝐄𝐘 𝐂𝐎𝐍𝐓𝐑𝐄 𝐋’𝐇𝐘𝐏𝐄𝐑 𝐂𝐀𝐋𝐕𝐈𝐍𝐈𝐒𝐌𝐄

Finney passe souvent pour un « modéré » qui se serait élevé contre l’hyper calvinisme. Il est vrai que l’hyper calvinisme (cette corruption de la doctrine calviniste, niant ou minimisant la responsabilité humaine) se développait alors en Nouvelle-Angleterre. Peut-être Finney a-t-il été en contact avec des hyper calvinistes. Il est même juste de dire que l’hyper calvinisme a contribué à créer le climat de froideur qui favorisera, par réaction, les erreurs de Finney. La popularité de ses enseignements est certainement attribuable en grande partie à une réaction excessive contre les erreurs de l’hyper calvinisme. Finney tenait sa propre théologie pour l’antidote indispensable à l’hyper calvinisme. Il écrit :

« Partout, j’ai trouvé que l’hyper calvinisme est une pierre d’achoppement tant pour l’Église que pour le monde. 𝐋𝐞𝐬 𝐝𝐨𝐜𝐭𝐫𝐢𝐧𝐞𝐬 𝐚𝐟𝐟𝐢𝐫𝐦𝐚𝐧𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐧𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐡𝐮𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐢𝐧𝐭𝐫𝐢𝐧𝐬𝐞̀𝐪𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞, 𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞̀𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐢𝐧𝐜𝐚𝐩𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐞𝐥𝐥𝐞-𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐝’𝐚𝐜𝐜𝐞𝐩𝐭𝐞𝐫 𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭 𝐞𝐭 𝐝’𝐨𝐛𝐞́𝐢𝐫 𝐚̀ 𝐃𝐢𝐞𝐮, 𝐪𝐮𝐞 𝐥’𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐝𝐚𝐦𝐧𝐞́ 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐦𝐨𝐫𝐭 𝐞́𝐭𝐞𝐫𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐚̀ 𝐜𝐚𝐮𝐬𝐞 𝐝𝐮 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞́ 𝐝’𝐀𝐝𝐚𝐦 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐬𝐚 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐫𝐞 𝐧𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞, 𝐞𝐭 𝐭𝐨𝐮𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐨𝐠𝐦𝐞𝐬 𝐫𝐚𝐭𝐭𝐚𝐜𝐡𝐞́𝐬 𝐚̀ 𝐜𝐞𝐮𝐱-𝐥𝐚̀, 𝐜𝐚𝐫𝐚𝐜𝐭𝐞́𝐫𝐢𝐬𝐚𝐧𝐭 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐞́𝐜𝐨𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐭𝐡𝐞́𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐞, 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐩𝐢𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐝’𝐚𝐜𝐡𝐨𝐩𝐩𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐫𝐞́𝐭𝐢𝐞𝐧𝐬, 𝐜𝐚𝐮𝐬𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐫𝐮𝐢𝐧𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞𝐮𝐫𝐬. » [Memoirs, p. 444].

Mais Finney est bien trop novice pour savoir distinguer entre un calvinisme biblique et orthodoxe, et l’hyper calvinisme. Il met tout cela dans le même sac, et finit par rejeter une grande partie de la saine doctrine en même temps que ce qu’il qualifie d’hyper calvinisme. Loin d’être un « modéré », 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐬’𝐨𝐩𝐩𝐨𝐬𝐞 𝐚̀ 𝐥’𝐡𝐲𝐩𝐞𝐫 𝐜𝐚𝐥𝐯𝐢𝐧𝐢𝐬𝐦𝐞 𝐞𝐧 𝐚𝐝𝐨𝐩𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐬𝐨𝐧 𝐚𝐧𝐭𝐢𝐭𝐡𝐞̀𝐬𝐞 𝐞𝐱𝐭𝐫𝐞̂𝐦𝐞, 𝐜'𝐞𝐬𝐭-𝐚̀-𝐝𝐢𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐩𝐞́𝐥𝐚𝐠𝐢𝐚𝐧𝐢𝐬𝐦𝐞.

𝐑𝐞𝐦𝐚𝐫𝐪𝐮𝐞𝐳 𝐪𝐮𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐬 𝐩𝐫𝐞́𝐭𝐞𝐱𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐝𝐚𝐦𝐧𝐞𝐫 𝐥’𝐡𝐲𝐩𝐞𝐫 𝐜𝐚𝐥𝐯𝐢𝐧𝐢𝐬𝐦𝐞, 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐬’𝐨𝐩𝐩𝐨𝐬𝐞 𝐞𝐱𝐩𝐥𝐢𝐜𝐢𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚̀ 𝐥’𝐢𝐝𝐞́𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥’𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐝𝐞́𝐜𝐡𝐮 𝐞𝐭 𝐝𝐞́𝐩𝐫𝐚𝐯𝐞́ 𝐩𝐚𝐫𝐜𝐞 𝐪𝐮’𝐢𝐥 𝐚 𝐡𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐞́ 𝐝’𝐀𝐝𝐚𝐦 𝐮𝐧𝐞 𝐧𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞. 𝐈𝐥 𝐬’𝐚𝐠𝐢𝐭 𝐥𝐚̀ 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐝𝐨𝐜𝐭𝐫𝐢𝐧𝐞 𝐝𝐮 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞́ 𝐨𝐫𝐢𝐠𝐢𝐧𝐞𝐥, 𝐝’𝐮𝐧 𝐩𝐨𝐢𝐧𝐭 𝐜𝐫𝐮𝐜𝐢𝐚𝐥 𝐝𝐞 𝐝𝐨𝐜𝐭𝐫𝐢𝐧𝐞 𝐜𝐡𝐫𝐞́𝐭𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞, 𝐞𝐭 𝐧𝐨𝐧 𝐝’𝐮𝐧 𝐝𝐨𝐠𝐦𝐞 𝐡𝐲𝐩𝐞𝐫 𝐜𝐚𝐥𝐯𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐞.

𝐓𝐨𝐮𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐫𝐞́𝐭𝐢𝐞𝐧𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐧𝐜𝐢𝐩𝐚𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐞́𝐧𝐨𝐦𝐢𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐫𝐞𝐜𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐞𝐥𝐚 𝐝𝐞𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐥’𝐚𝐩𝐩𝐚𝐫𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥’𝐡𝐞́𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐞 𝐩𝐞́𝐥𝐚𝐠𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞 𝐚𝐮 𝐜𝐢𝐧𝐪𝐮𝐢𝐞̀𝐦𝐞 𝐬𝐢𝐞̀𝐜𝐥𝐞. Remarquez aussi que Finney rejette l’idée que le pécheur est entièrement incapable de plaire à Dieu (s’opposant ainsi à Romains 8 :7-8). L’inaptitude totale à plaire à Dieu n’est pas une doctrine hyper calviniste, c’est une vérité biblique qui a toujours été défendue tant par Augustin d’Hippone que par les Réformateurs.

La plupart des doctrines que rejette Finney font partie du cœur même de l’Evangile. Rappelons-nous ses commentaires sur les idées de son pasteur : « Je ne pouvais accepter ses positions sur l’expiation, la régénération, la foi, la repentance, l’esclavage de la volonté humaine, ni sur les autres doctrines se rattachant à celles-là. » Pas une seule des questions énumérées ci-dessus ne relève des dérives de l’hyper calvinisme. Non, 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐫𝐞𝐣𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐥𝐚̀, 𝐜𝐞 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐝𝐨𝐜𝐭𝐫𝐢𝐧𝐞𝐬 𝐛𝐢𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐚𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐥𝐞𝐬, 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐧𝐜𝐢𝐩𝐞𝐬 𝐞́𝐩𝐫𝐨𝐮𝐯𝐞́𝐬 𝐝𝐞 𝐥’𝐨𝐫𝐭𝐡𝐨𝐝𝐨𝐱𝐢𝐞 𝐜𝐡𝐫𝐞́𝐭𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞 𝐝𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐬. Il jette aux orties plusieurs doctrines essentielles de la foi protestante et réformée, en ce qui concerne « l’expiation, la régénération, la foi, la repentance, l’esclavage de la volonté humaine ». Pour une large part, les doctrines qu’il combat avec le plus de véhémence sont en réalité des vérités bibliques de base.

Finney ne se borne pas à rejeter l’hyper calvinisme, ni même le calvinisme tout court. 𝐈𝐥 𝐫𝐞𝐣𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐥𝐞 𝐜œ𝐮𝐫 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐨𝐢 𝐛𝐢𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐬𝐨𝐥𝐚 𝐟𝐢𝐝𝐞 𝐞𝐭 𝐬𝐨𝐥𝐚 𝐠𝐫𝐚𝐭𝐢𝐚 (𝐥𝐚 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞𝐮𝐫 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐚 𝐟𝐨𝐢 𝐬𝐞𝐮𝐥𝐞 𝐞𝐭 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐚 𝐠𝐫𝐚̂𝐜𝐞 𝐬𝐞𝐮𝐥𝐞.) 𝐃𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐢𝐥 𝐫𝐞𝐣𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐚𝐮𝐬𝐬𝐢 𝐬𝐨𝐥𝐚 𝐬𝐜𝐫𝐢𝐩𝐭𝐮𝐫𝐚 (𝐥’𝐚𝐮𝐭𝐨𝐫𝐢𝐭𝐞́ 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐩𝐥𝐞𝐢𝐧𝐞 𝐬𝐮𝐟𝐟𝐢𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐄́𝐜𝐫𝐢𝐭𝐮𝐫𝐞𝐬) 𝐜𝐚𝐫 𝐢𝐥 𝐬’𝐚𝐩𝐩𝐮𝐢𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐚𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐢𝐬𝐦𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐞́𝐭𝐚𝐲𝐞𝐫 𝐬𝐚 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐭𝐡𝐞́𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐞. Il est donc le chef de file d’un mouvement qui renonce en bloc aux principes séculaires de la Réforme.


-> 𝐅𝐈𝐍𝐍𝐄𝐘 𝐒’𝐎𝐏𝐏𝐎𝐒𝐄 𝐀 𝐋𝐀 𝐉𝐔𝐒𝐓𝐈𝐅𝐈𝐂𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐏𝐀𝐑 𝐋𝐀 𝐅𝐎𝐈

En quoi consistent les erreurs les plus graves de Finney ? La plus grave de ses erreurs est de rejeter la doctrine de la justification par la foi. Finney nie que la justice de Christ puisse être l’unique fondement de notre justification : il enseigne que le pécheur doit réformer son propre cœur afin de se rendre acceptable aux yeux de Dieu. (Son insistance sur l’idée que nous devons nous transformer nous-mêmes, sans que ce soit Dieu qui nous en donne la capacité, a de forts relents de pélagianisme.)

𝐃𝐚𝐧𝐬 𝐩𝐥𝐮𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐞𝐬 𝐨𝐮𝐯𝐫𝐚𝐠𝐞𝐬, 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐞́𝐧𝐨𝐫𝐦𝐞́𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬 𝐚̀ 𝐫𝐞́𝐟𝐮𝐭𝐞𝐫 𝐜𝐞 𝐪𝐮’𝐢𝐥 𝐚𝐩𝐩𝐞𝐥𝐥𝐞 « 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐟𝐢𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐭𝐡𝐞́𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐥’𝐢𝐦𝐩𝐮𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 ». [𝐌𝐞𝐦𝐨𝐢𝐫𝐬, 𝐩. 𝟓𝟖]. Pour peu que l’on comprenne la doctrine réformée, on discerne immédiatement là un rejet franc et massif de la doctrine de la justification par la foi seule (sola fide). Ainsi Finney se déclare radicalement étranger à la doctrine protestante évangélique. La doctrine de la justice imputée est au cœur même de la différence entre le protestantisme et le catholicisme romain. Elle est le pivot même de toute la doctrine de la justification par la foi : or Finney la rejette sans ambages. Il se moque de l’idée même d’imputation, qu’il juge injuste : « 𝐉𝐞 𝐧𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐚𝐢𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐢𝐝𝐞́𝐫𝐞𝐫 𝐭𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥’𝐢𝐦𝐩𝐮𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐮𝐧𝐞 𝐟𝐢𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐭𝐡𝐞́𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐚𝐫𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐚̀ 𝐜𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐚𝐠𝐞𝐬 𝐣𝐮𝐫𝐢𝐝𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐟𝐢𝐜𝐭𝐢𝐟𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐩𝐩𝐞𝐥𝐨𝐧𝐬 « 𝐉𝐨𝐡𝐧 𝐃𝐨𝐞 » 𝐞𝐭 « 𝐑𝐢𝐜𝐡𝐚𝐫𝐝 𝐑𝐨𝐞 » [𝐌𝐞𝐦𝐨𝐢𝐫𝐬, 𝐩. 𝟔𝟎]. Écartant les nombreux passages bibliques affirmant explicitement que la justice de Christ est imputée au pécheur justifié, il écrit :

« On s’appuie sur ces passages-là et sur d’autres, pour dire qu’ils enseignent la doctrine de la justice imputée ; on s’appuie sur des expressions comme « L’Éternel notre justice » (Philippiens 3:9)… « Christ, notre justice » pour dire que Christ est l’auteur de notre justification, nous procure la justification. Mais cela n’implique pas qu’il nous procure la justification en nous imputant son obéissance… » [Charles Finney, Systematic Theology (Minneapolis : Bethany), pp. 372, 373).

Ici Finney ne présente aucune explication convaincante de ce que d’après lui, l’Écriture signifie effectivement quand elle affirme à maintes reprises que la justice est imputée à ceux qui croient, par exemple dans Genèse 15:6, et dans Romains 4:4-6. Tout au long de son argumentation sur l’imputation, Finney affirme constamment que ni le mérite ni la culpabilité ne peuvent être imputés à autrui dans le respect de la justice. 𝐂’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢, 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐥𝐮𝐭-𝐢𝐥, 𝐥𝐚 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭 𝐧𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐞𝐧 𝐚𝐮𝐜𝐮𝐧𝐞 𝐦𝐚𝐧𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞𝐮𝐫. Il poursuit :

𝐋𝐞 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐞́𝐧𝐢𝐭𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐜𝐫𝐨𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐧 𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭. 𝐐𝐮’𝐞𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐞 𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐞𝐧 𝐝𝐞𝐫𝐧𝐢𝐞𝐫 𝐫𝐞𝐬𝐬𝐨𝐫𝐭 ? 𝐐𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐧 𝐞𝐬𝐭 𝐥𝐚 𝐫𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧 ? 𝟏. 𝐄𝐥𝐥𝐞 𝐧𝐞 𝐬𝐞 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐞 𝐩𝐚𝐬 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭 𝐚𝐮𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐥𝐢𝐭𝐭𝐞́𝐫𝐚𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐭 𝐞𝐱𝐚𝐜𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐨𝐮𝐟𝐟𝐞𝐫𝐭 𝐥𝐞 𝐜𝐡𝐚̂𝐭𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐢𝐧𝐟𝐥𝐢𝐠𝐞 𝐥𝐚 𝐥𝐨𝐢, 𝐞𝐧 𝐚𝐜𝐡𝐞𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐢𝐭𝐭𝐞́𝐫𝐚𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐬𝐚𝐥𝐮𝐭 𝐞́𝐭𝐞𝐫𝐧𝐞𝐥. [𝐒𝐲𝐬𝐭𝐞𝐦𝐚𝐭𝐢𝐜 𝐓𝐡𝐞𝐨𝐥𝐨𝐠𝐲, 𝐩. 𝟑𝟕𝟑].

Par l’usage de termes comme « littéralement et exactement », Finney caricature la doctrine à laquelle il s’oppose. Le contexte immédiat de cette citation montre qu’il cherche là à réfuter la doctrine de la Confession de Westminster, qui, au sujet de la justification, s’accorde avec toutes les grandes Confessions de Foi protestantes, et avec les théologiens protestants. Mais Finney ne peut dissimuler sa propre position : 𝐚𝐲𝐚𝐧𝐭 𝐝𝐞́𝐜𝐢𝐝𝐞́ 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐝𝐨𝐜𝐭𝐫𝐢𝐧𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐢𝐦𝐩𝐮𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐭 « 𝐮𝐧𝐞 𝐟𝐢𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐭𝐡𝐞́𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞 », il est bien obligé non seulement de nier que la justice de Christ puisse être imputée au chrétien, mais encore que la culpabilité du pécheur ait pu être imputée à Christ sur la croix. 𝐃𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞 𝐬𝐲𝐬𝐭𝐞̀𝐦𝐞 𝐝𝐞 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲, 𝐢𝐥 𝐞𝐬𝐭 𝐢𝐦𝐩𝐨𝐬𝐬𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐚̀ 𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐮𝐢 𝐥𝐞 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞́ 𝐝’𝐮𝐧 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞, 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐟𝐟𝐫𝐢𝐫 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐥𝐞 𝐜𝐡𝐚̂𝐭𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐮 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞́ 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞 𝐝𝐮 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞𝐮𝐫. 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐬’𝐨𝐩𝐩𝐨𝐬𝐞 𝐥𝐚̀ 𝐚̀ 𝐄𝐬𝐚𝐢̈𝐞 𝟓𝟑:𝟔, 𝐚̀ 𝟏 𝐏𝐢𝐞𝐫𝐫𝐞 𝟐:𝟐𝟒, 𝐞𝐭 𝐚̀ 𝟏 𝐉𝐞𝐚𝐧 𝟐:𝟐. 𝐈𝐥 𝐫𝐞𝐣𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐝𝐨𝐧𝐜 𝐥𝐚 𝐝𝐨𝐜𝐭𝐫𝐢𝐧𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐱𝐩𝐢𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐚𝐫 𝐬𝐮𝐛𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐞́𝐧𝐚𝐥𝐞. Nous développerons ce point ultérieurement.

Les idées de Finney sur ces questions l’amènent à donner de la justification une définition subjective et non objective. Depuis la Réforme, les protestants insistent sur le fait que la justification a un caractère forensique, qu’elle est une déclaration divine de nature juridique, accordant au pécheur repentant d’être immédiatement réconcilié avec Dieu à cause des mérites de la justice de Christ, et non à cause d’une quelconque justice lui serait propre (Romains 10:3, Philippiens 3:9). Le terme « forensique » s’applique à une déclaration juridique, comparable au verdict d’un tribunal, ou à l’affirmation par une autorité du lien du mariage (« Je vous déclare désormais unis par les liens du mariage »). La personne possède désormais un statut nouveau, indépendamment de toute transformation intérieure ; cette déclaration a un caractère purement objectif.

La transformation subjective qui rend le chrétien conforme à l’image de Christ s’appelle sanctification. C’est une réalité qui suit la justification et qui en découle, mais elle est distincte de la justification. Dès l’aube de la Réforme, il y a eu dans le protestantisme un consensus pratiquement unanime pour déclarer que la justification ne se fonde nullement sur notre sanctification, et qu’elle n’est aucunement conditionnée par notre sanctification. En revanche, le catholicisme amalgame justification et sanctification, et fait de la sanctification la condition de la justification finale.

Sur ce point, Finney se range du côté de Rome. Son rejet de la doctrine de l’imputation ne lui laisse pas le choix : « La justification, dans l’Évangile, ne doit pas être considérée comme un acte forensique ou juridique » [Systematic Theology, p. 360].

𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐬’𝐞́𝐜𝐚𝐫𝐭𝐞 𝐝𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭𝐚𝐠𝐞 𝐞𝐧𝐜𝐨𝐫𝐞 𝐝𝐮 𝐩𝐫𝐨𝐭𝐞𝐬𝐭𝐚𝐧𝐭𝐢𝐬𝐦𝐞 𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐧 𝐧𝐢𝐚𝐧𝐭 𝐞𝐱𝐩𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞́𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭 𝐩𝐮𝐢𝐬𝐬𝐞 𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐮𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐜𝐡𝐫𝐞́𝐭𝐢𝐞𝐧 ; 𝐢𝐥 𝐚𝐟𝐟𝐢𝐫𝐦𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐬𝐭 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐞́𝐞 𝐞𝐱𝐜𝐥𝐮𝐬𝐢𝐯𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐛𝐨𝐧𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐃𝐢𝐞𝐮. 𝐄𝐧 𝐜𝐞𝐥𝐚 𝐢𝐥 𝐬’𝐚𝐥𝐢𝐠𝐧𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐬𝐨𝐜𝐢𝐧𝐢𝐚𝐧𝐢𝐬𝐦𝐞 𝐞𝐭 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐥𝐢𝐛𝐞́𝐫𝐚𝐥𝐢𝐬𝐦𝐞 𝐭𝐡𝐞́𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞.

Comme pour embrouiller encore la question, il dresse une liste de plusieurs « conditions nécessaires » à la justification, tout en précisant bien qu’elles ne la « fondent » pas à proprement parler. Ces « conditions nécessaires » comprennent la mort expiatoire de Christ, la foi personnelle du chrétien, la repentance, la sanctification, et aussi (hélas !) l’obéissance ininterrompue du chrétien à la loi. Finney écrit :

« Il ne peut y avoir aucune justification au sens forensique ou juridique, si ce n’est sur le fondement [2] d’une obéissance à la loi qui soit universelle, parfaite, et ininterrompue. Bien sûr ceux qui croient à la nature forensique ou juridique de la justification du pécheur pénitent nient cela. Ils s’en tiennent à cette maxime juridique qui veut que ce qu’un homme fait pour autrui, il le fait aussi pour lui-même, et par conséquent la loi regarde l’obéissance de Christ comme étant la nôtre, étant donné qu’il aurait obéi pour nous » [Systematic Theology, p. 362].

𝐁𝐢𝐞𝐧 𝐞𝐧𝐭𝐞𝐧𝐝𝐮, 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐧𝐢𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭 𝐚𝐢𝐭 𝐩𝐮 « 𝐨𝐛𝐞́𝐢𝐫 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐨𝐮𝐬 ». 𝐈𝐥 𝐚𝐟𝐟𝐢𝐫𝐦𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐩𝐮𝐢𝐬𝐪𝐮𝐞 𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭 𝐥𝐮𝐢-𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐚𝐯𝐚𝐢𝐭 𝐥’𝐨𝐛𝐥𝐢𝐠𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝’𝐨𝐛𝐞́𝐢𝐫 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐥𝐨𝐢 𝐞𝐧 𝐭𝐨𝐮𝐭, 𝐬𝐨𝐧 𝐨𝐛𝐞́𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐧𝐞 𝐬𝐞𝐫𝐯𝐚𝐢𝐭 𝐪𝐮’𝐚̀ 𝐥𝐞 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐟𝐢𝐞𝐫 𝐥𝐮𝐢-𝐦𝐞̂𝐦𝐞. 𝐈𝐥 𝐫𝐞𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝, 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐮𝐧 𝐫𝐞𝐟𝐫𝐚𝐢𝐧 : « 𝐉𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐧𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐢𝐦𝐩𝐮𝐭𝐞́𝐞 » [𝐒𝐲𝐬𝐭𝐞𝐦𝐚𝐭𝐢𝐜 𝐓𝐡𝐞𝐨𝐥𝐨𝐠𝐲, 𝐩. 𝟑𝟔𝟐].

Son système implique clairement que la justification dépend en dernier ressort de l’obéissance du croyant lui-même, et que Dieu n’accordera de véritable pardon final au pécheur repentant qu’au terme de toute une vie de fidèle obéissance. C’est bien ce qu’affirme Finney, qui prêche le perfectionnisme à l’état pur. Il écrit :

« En affirmant que la sanctification est une condition de la justification, nous voulons dire que : 1°) Une consécration actuelle, pleine et entière, du cœur et de la vie au service de Dieu est la condition sine qua non d’un pardon présent pour les péchés passés, et d’une acceptation présente par Dieu. 2°) Que l’âme pénitente ne demeure justifiée que tant que cette entière consécration de cœur se perpétue. Si l’âme déchoit de son premier amour et cherche à plaire à elle-même, elle retombe sous l’esclavage du péché et de la loi, se retrouve sous la condamnation et doit revenir à ses « premières œuvres », se tourner vers Christ, lui renouveler sa foi et son amour, comme conditions du salut… La persévérance dans la foi et dans l’obéissance, ou dans la consécration à Dieu, voilà aussi une condition sine qua non de la justification, du pardon et de l’acceptation par Dieu. Comprenez-le bien, je veux dire que la persévérance dans la foi et dans l’obéissance conditionne non l’acceptation et le salut présents, mais l’acceptation et le salut final, ultime » [Systematic Theology, pp. 368, 369].

𝐀𝐢𝐧𝐬𝐢 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐦𝐞𝐭-𝐢𝐥 𝐥’𝐚𝐜𝐜𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐮𝐫 𝐥’𝐢𝐝𝐞́𝐞 𝐪𝐮’𝐞𝐧 𝐝𝐞𝐫𝐧𝐢𝐞𝐫 𝐫𝐞𝐬𝐬𝐨𝐫𝐭, 𝐥𝐚 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐭𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐩𝐞𝐫𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐮 𝐜𝐡𝐫𝐞́𝐭𝐢𝐞𝐧 𝐞𝐭 𝐧𝐨𝐧 𝐚̀ 𝐥’œ𝐮𝐯𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭. 𝐄𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐟𝐨𝐢𝐬 𝐝𝐞 𝐩𝐥𝐮𝐬, 𝐢𝐥 𝐚𝐭𝐭𝐚𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐝𝐨𝐜𝐭𝐫𝐢𝐧𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐢𝐦𝐩𝐮𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 :

« Ceux qui voient dans la justification par une justice imputée un acte forensique, voient la justification finale, ultime, de la même manière que cette transaction. Pour eux, la foi entraîne une justice imputée, une justification au sens juridique. Le premier acte de foi, selon eux, introduit le pécheur dans cette relation-là et lui vaut d’être justifié à perpétuité. Ils affirment qu’à la suite de son premier acte de foi, il est impossible qu’un pécheur se retrouve sous la condamnation » [Systematic Theology, p. 369].

Mais n’est-ce pas précisément là ce qu’enseigne l’Écriture ? « Celui qui croit en lui n’est point jugé » (Jean 3 :18). « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie » (Jean 5 :24). « Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous » (Galates 3 :13). Immédiatement après son grand développement sur la justification par la foi, l’apôtre Paul écrit : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Romains 8 :1). Mais Charles Finney rechigne à permettre au chrétien de se reposer sur la promesse selon laquelle « il n’y a plus de condamnation » et il ridiculise l’idée de la sécurité en Christ, prétendant qu’elle entraîne une vie dissolue. Il poursuit, toujours en caricaturant la position qu’il combat :

« Une fois justifié, il serait donc perpétuellement justifié, quoi qu’il fasse ; et la condition pour être justifié par grâce de ses péchés passés ne serait jamais qu’il cesse de pécher ; le fondement de sa justification ne serait pas son obéissance présente ou future à la loi de Dieu, et ne constituerait en aucun sens et en aucun cas une condition sine qua non de sa justification actuelle ou future.

A coup sûr, c’est là un autre évangile que celui que j’inculque. La différence ne repose pas sur quelque spéculation, sur quelque point théorique. Si jamais il a existé un élément fondamental dans l’évangile et le salut, c’est bien celui-là » [Systematic Theology, p. 369].

Comme le dernier paragraphe de cet extrait le fait ressortir nettement, Finney lui-même avait clairement conscience de proclamer un autre évangile que celui du protestantisme séculaire. Puisqu’il niait le caractère forensique de la justification, Finney ne pouvait que tenir la justification pour un élément subjectif, fondé non sur l’œuvre rédemptrice de Christ, mais sur l’obéissance du croyant lui-même. Pour lui la justification repose donc sur les œuvres, et non sur la grâce seule.


-> 𝐅𝐈𝐍𝐍𝐄𝐘 𝐒’𝐎𝐏𝐏𝐎𝐒𝐄 𝐀 𝐋𝐀 𝐃𝐎𝐂𝐓𝐑𝐈𝐍𝐄 𝐃𝐔 𝐏𝐄𝐂𝐇𝐄 𝐎𝐑𝐈𝐆𝐈𝐍𝐄𝐋

Comme nous l’avons fait remarquer ci-dessus, Finney rejette l’idée que toute la descendance d’Adam ait hérité de sa nature coupable et pécheresse. Il répudie par là l’enseignement explicite des Écritures : « Car c’est après une seule offense que le jugement est devenu condamnation… Si par l’offense d’un seul la mort a régné par lui seul… ainsi donc, comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes… par la désobéissance d’un seul homme, beaucoup ont été rendus pécheurs. (Romains 5:16-19).

On ne s’étonnera guère de voir Finney faire appel à la sagesse humaine pour justifier son rejet de ce que la Bible enseigne avec clarté : « 𝐐𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐥𝐨𝐢 𝐚𝐯𝐨𝐧𝐬-𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐨𝐧𝐜 𝐯𝐢𝐨𝐥𝐞́𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐡𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐧𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞 ? 𝐐𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐥𝐨𝐢 𝐞𝐱𝐢𝐠𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐲𝐨𝐧𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐧𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐩𝐨𝐬𝐬𝐞́𝐝𝐨𝐧𝐬 ? 𝐋𝐚 𝐫𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧 𝐚𝐟𝐟𝐢𝐫𝐦𝐞-𝐭-𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐦𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐨𝐧𝐬 𝐚̀ 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐥𝐞̀𝐫𝐞 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐦𝐚𝐥𝐞́𝐝𝐢𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐃𝐢𝐞𝐮, 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐚𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐡𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐞́ 𝐝’𝐀𝐝𝐚𝐦 𝐮𝐧𝐞 𝐧𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞 ? [𝐒𝐲𝐬𝐭𝐞𝐦𝐚𝐭𝐢𝐜 𝐓𝐡𝐞𝐨𝐥𝐨𝐠𝐲, 𝐩. 𝟑𝟐𝟎].

𝐁𝐢𝐞𝐧 𝐬𝐮̂𝐫, 𝐞𝐧 𝐧𝐢𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞́ 𝐨𝐫𝐢𝐠𝐢𝐧𝐞𝐥, 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐧𝐢𝐞 𝐚𝐮𝐬𝐬𝐢 𝐥𝐚 𝐝𝐨𝐜𝐭𝐫𝐢𝐧𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐝𝐞́𝐩𝐫𝐚𝐯𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐧𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐡𝐮𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞. 𝐈𝐥 𝐫𝐞𝐟𝐮𝐬𝐞 𝐜𝐚𝐫𝐫𝐞́𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐜𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢̂𝐭𝐫𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥’𝐡𝐮𝐦𝐚𝐧𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞́𝐜𝐡𝐮𝐞 𝐞𝐬𝐭 « 𝐢𝐧𝐭𝐫𝐢𝐧𝐬𝐞̀𝐪𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞 », 𝐞𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐧𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐡𝐮𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐜𝐨𝐫𝐫𝐨𝐦𝐩𝐮𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞́ :

« La dépravation morale ne peut résider dans une disposition ou une constitution naturelle, ni dans quelque état de déchéance ou de corruption de la nature… La dépravation morale, au sens où j’en parle, ne consiste pas simplement en une nature pécheresse, au sens où l’âme humaine serait intrinsèquement pécheresse. Il ne s’agit pas d’un état de péché inhérent à la constitution [de l’être humain]. [Systematic Theology, p. 245].

Non, Finney insiste sur l’idée que « la dépravation » est une condition relevant uniquement de la volonté ; les pécheurs seraient tout simplement capables, grâce à leur volonté, de choisir d’agir autrement. 𝐀𝐮𝐭𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐢𝐭, 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐬𝐨𝐮𝐭𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐢𝐧𝐬𝐢𝐬𝐭𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞, 𝐭𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞 𝐩𝐨𝐬𝐬𝐞̀𝐝𝐞 𝐧𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞𝐥𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐜𝐚𝐩𝐚𝐜𝐢𝐭𝐞́ 𝐝’𝐨𝐛𝐞́𝐢𝐫 𝐚̀ 𝐃𝐢𝐞𝐮. 𝐏𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐮𝐢, 𝐥𝐞 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞́ 𝐝𝐞́𝐜𝐨𝐮𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐮𝐯𝐚𝐢𝐬 𝐜𝐡𝐨𝐢𝐱, 𝐞𝐭 𝐧𝐨𝐧 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐧𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐝𝐞́𝐜𝐡𝐮𝐞.. A son avis, le pécheur est libre de réformer son propre cœur, et il a le devoir de le réformer de sa propre initiative afin d’être racheté. Une fois de plus, c’est du pélagianisme à l’état pur :

« Il est nécessaire que le pécheur commence par changer son cœur et par se donner un autre but, avant de pouvoir manifester quelque volonté de poursuivre autre chose qu’un but égoïste. Telle est la philosophie qu’implique la Bible d’un bout à l’autre. Partout, elle dépeint ceux qui ne sont pas régénérés comme entièrement dépravés [3], et les appelle à se repentir et à se faire un cœur nouveau » [Systematic Theology, p. 249].

Finney n’est donc pas gêné d’attribuer à lui-même sa propre conversion. En détruisant le principe de sola gratia, il détruit du même coup le rempart scripturaire qui nous empêche de nous glorifier nous-mêmes (voir Ephésiens 2:9). 𝐂’𝐞𝐬𝐭 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐫𝐞𝐦𝐚𝐫𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐉𝐨𝐡𝐧 𝐌𝐚𝐜𝐀𝐫𝐭𝐡𝐮𝐫 :

« 𝐋𝐞 𝐫𝐞́𝐜𝐢𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐝𝐞 𝐬𝐚 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐫𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐯𝐞𝐫𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐧𝐞𝐭𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐫𝐞𝐬𝐬𝐨𝐫𝐭𝐢𝐫 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐚𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞́𝐭𝐞𝐫𝐦𝐢𝐧𝐚𝐧𝐭, 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐬𝐨𝐧 𝐬𝐚𝐥𝐮𝐭, 𝐟𝐮𝐭 𝐬𝐚 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐫𝐞 𝐯𝐨𝐥𝐨𝐧𝐭𝐞́ : ‘𝐀𝐮 𝐬𝐨𝐢𝐫 𝐝’𝐮𝐧 𝐉𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐮 𝐒𝐞𝐢𝐠𝐧𝐞𝐮𝐫 [𝐚𝐮 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐥’𝐚𝐮𝐭𝐨𝐦𝐧𝐞 𝐞𝐧 𝟏𝟖𝟐𝟏] 𝐣𝐞 𝐝𝐞́𝐜𝐢𝐝𝐚𝐢 𝐝𝐞 𝐫𝐞́𝐠𝐥𝐞𝐫 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐚𝐭𝐭𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐥𝐚 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐬𝐚𝐥𝐮𝐭 𝐝𝐞 𝐦𝐨𝐧 𝐚̂𝐦𝐞 𝐞𝐭 𝐬𝐢 𝐩𝐨𝐬𝐬𝐢𝐛𝐥𝐞, 𝐝𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐦𝐨𝐢-𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐥𝐚 𝐩𝐚𝐢𝐱 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐃𝐢𝐞𝐮’ [𝐌𝐞𝐦𝐨𝐢𝐫𝐬, 𝐩. 𝟏𝟔, 𝐢𝐭𝐚𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭𝐞́𝐬]. 𝐂𝐞𝐫𝐭𝐚𝐢𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐢𝐞 𝐚̀ 𝐮𝐧𝐞 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐧𝐬𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐯𝐢𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐚𝐥𝐥𝐚 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐛𝐨𝐢𝐬, 𝐞𝐭 𝐩𝐫𝐨𝐦𝐢𝐭 𝐥𝐚̀ ‘𝐨𝐮 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐝𝐞 𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞𝐫 𝐬𝐨𝐧 𝐜œ𝐮𝐫 𝐚̀ 𝐃𝐢𝐞𝐮 𝐥𝐞 𝐣𝐨𝐮𝐫 𝐦𝐞̂𝐦𝐞, 𝐨𝐮 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐝𝐞 𝐦𝐨𝐮𝐫𝐢𝐫 𝐞𝐧 𝐬’𝐞𝐟𝐟𝐨𝐫𝐜̧𝐚𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞’ [𝐌𝐞𝐦𝐨𝐢𝐫𝐬, 𝐩. 𝟏𝟔]. [𝐉𝐨𝐡𝐧 𝐌𝐚𝐜𝐀𝐫𝐭𝐡𝐮𝐫, 𝐀𝐬𝐡𝐚𝐦𝐞𝐝 𝐨𝐟 𝐭𝐡𝐞 𝐆𝐨𝐬𝐩𝐞𝐥, 𝐖𝐡𝐞𝐚𝐭𝐨𝐧 𝐈𝐋 : 𝐂𝐫𝐨𝐬𝐬𝐰𝐚𝐲, 𝟏𝟗𝟗𝟑, 𝐩. 𝟐𝟑𝟔].


->𝐅𝐈𝐍𝐍𝐄𝐘 𝐒’𝐎𝐏𝐏𝐎𝐒𝐄 𝐀 𝐋𝐀 𝐃𝐎𝐂𝐓𝐑𝐈𝐍𝐄 𝐃𝐄 𝐋𝐀 𝐒𝐔𝐁𝐒𝐓𝐈𝐓𝐔𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐏𝐄𝐍𝐀𝐋𝐄

 La doctrine évangélique qui semble avoir le plus irrité Finney, c’est celle de l’expiation des péchés par Christ, en tant que substitution pénale offerte à Dieu. Il écrit : « [Au sujet de l’expiation] je n’avais rien lu d’autre que ma Bible, et ce que j’y avais trouvé à ce propos, je l’avais interprété tout comme s’il s’était agi d’un manuel de droit » [Memoirs, p. 42].

Il applique donc les critères juridiques de l’Amérique du 19e siècle à la doctrine biblique de l’expiation et conclut qu’il serait légalement injuste d’imputer à Christ la culpabilité du pécheur, ou au pécheur la justice de Christ. Comme nous l’avons déjà souligné, il traite de « fiction théologique » la notion d’imputation [Memoirs, pp. 58-61]. 𝐂𝐞𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐚̀ 𝐫𝐞𝐣𝐞𝐭𝐞𝐫 𝐥’𝐞𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐥 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐭𝐡𝐞́𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐞 𝐞́𝐯𝐚𝐧𝐠𝐞́𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐚̀ 𝐫𝐞́𝐩𝐮𝐝𝐢𝐞𝐫 𝐥𝐞 𝐜œ𝐮𝐫 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐠𝐮𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐏𝐚𝐮𝐥 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐚 𝐟𝐨𝐢 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐚𝐩𝐢𝐭𝐫𝐞𝐬 𝟑 𝐚̀ 𝟓 𝐝𝐞 𝐥’𝐄́𝐩𝐢̂𝐭𝐫𝐞 𝐚𝐮𝐱 𝐑𝐨𝐦𝐚𝐢𝐧𝐬, 𝐞𝐭 𝐧𝐨𝐭𝐚𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐑𝐨𝐦𝐚𝐢𝐧𝐬 𝟒:𝟓). 𝐄𝐧 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐜𝐞𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐚̀ 𝐚𝐧𝐧𝐮𝐥𝐞𝐫 𝐥’𝐄́𝐯𝐚𝐧𝐠𝐢𝐥𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐫 !

De plus, en excluant toute possibilité d’imputation de la culpabilité ou de la justice, Finney s’interdit de considérer la mort de Christ comme une expiation véritable des péchés des hommes. Il remplace la doctrine de la substitution pénale par sa version personnelle de la « théorie gouvernementale » du juriste Hugo de Groot. Cette théorie ne diffère en rien de la « théologie du gouvernement moral de Dieu » remise à l’honneur par certains aujourd’hui.

La conception qu’a de Groot de l’expiation est profondément pélagienne. Privant le pécheur de l’imputation de la justice de Christ, elle exige de ce fait qu’il parvienne à une justice qui lui appartienne en propre (contrairement à ce qu’enseigne Romains 10:3).

« Il n’y a rien dans la religion qui ne soit déjà dans les capacités ordinaires de la nature. 𝐔𝐧 𝐫𝐞́𝐯𝐞𝐢𝐥 𝐧’𝐚 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐝𝐞 𝐦𝐢𝐫𝐚𝐜𝐮𝐥𝐞𝐮𝐱, 𝐞𝐭 𝐢𝐥 𝐧𝐞 𝐝𝐞́𝐩𝐞𝐧𝐝 𝐞𝐧 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐝’𝐮𝐧 𝐦𝐢𝐫𝐚𝐜𝐥𝐞, 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐪𝐮𝐞 𝐬𝐞𝐧𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐞 𝐬𝐨𝐢𝐭. 𝐋𝐞 𝐫𝐞́𝐯𝐞𝐢𝐥 𝐞𝐬𝐭 𝐥𝐞 𝐫𝐞́𝐬𝐮𝐥𝐭𝐚𝐭 𝐩𝐮𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐡𝐢𝐥𝐨𝐬𝐨𝐩𝐡𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐮 𝐛𝐨𝐧 𝐮𝐬𝐚𝐠𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐲𝐞𝐧𝐬 𝐦𝐢𝐬 𝐞𝐧 œ𝐮𝐯𝐫𝐞 – 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐪𝐮𝐞 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞 𝐞𝐟𝐟𝐞𝐭 𝐬’𝐨𝐛𝐭𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐫 𝐥’𝐚𝐩𝐩𝐥𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝’𝐮𝐧 𝐦𝐨𝐲𝐞𝐧… 𝐔𝐧 𝐫𝐞́𝐯𝐞𝐢𝐥 𝐫𝐞́𝐬𝐮𝐥𝐭𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐧𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞𝐥𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐲𝐞𝐧𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐥’𝐨𝐧 𝐮𝐭𝐢𝐥𝐢𝐬𝐞, 𝐝𝐞 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐪𝐮’𝐮𝐧𝐞 𝐫𝐞́𝐜𝐨𝐥𝐭𝐞 𝐬’𝐨𝐛𝐭𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐚 𝐦𝐢𝐬𝐞 𝐞𝐧 œ𝐮𝐯𝐫𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐲𝐞𝐧𝐬 𝐚𝐩𝐩𝐫𝐨𝐩𝐫𝐢𝐞́𝐬 » [𝐂𝐡𝐚𝐫𝐥𝐞𝐬 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲, 𝐋𝐞𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐨𝐧 𝐑𝐞𝐯𝐢𝐯𝐚𝐥𝐬 𝐨𝐟 𝐑𝐞𝐥𝐢𝐠𝐢𝐨𝐧 (𝐎𝐥𝐝 𝐓𝐚𝐩𝐩𝐚𝐧, 𝐍𝐉 : 𝐑𝐞𝐯𝐞𝐥𝐥, 𝐧.𝐝.) 𝐩𝐩. 𝟒,𝟓).

Ainsi Finney ne cesse de réduire le rôle de Dieu dans notre salut ; il minimise l’état d’impuissance absolue qui caractérise le pécheur, et il prête au pécheur le pouvoir de changer son propre cœur. Quand on recherche la racine de ces erreurs, on voit qu’elles découlent de sa fausse conception de l’expiation. En fait, 𝐜’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐚𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐧𝐢𝐞́ 𝐪𝐮𝐞 𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭 𝐩𝐮𝐢𝐬𝐬𝐞 𝐞𝐱𝐩𝐢𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞́𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐭𝐨𝐦𝐛𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐭𝐨𝐮𝐭𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐫𝐭𝐞𝐬 𝐝’𝐚𝐛𝐞𝐫𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐭𝐡𝐞́𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬.

-> 𝐋𝐄𝐒 𝐑𝐄𝐓𝐎𝐌𝐁𝐄𝐄𝐒 𝐃𝐄𝐒 𝐃𝐎𝐂𝐓𝐑𝐈𝐍𝐄𝐒 𝐃𝐄 𝐅𝐈𝐍𝐍𝐄𝐘

Il ne faut guère s’étonner de ce que la plupart des héritiers spirituels de Finney soient tombés dans l’apostasie, le socinianisme, le moralisme pur et simple, le perfectionnisme caractéristique de certaines sectes, ou d’autres erreurs comparables. En fait, 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐚 𝐬𝐮𝐫𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐥𝐚𝐢𝐬𝐬𝐞́ 𝐮𝐧 𝐡𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐚𝐠𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐮𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫𝐨𝐦𝐢𝐬 𝐝𝐨𝐜𝐭𝐫𝐢𝐧𝐚𝐥. De son vivant, la foi chrétienne évangélique a pratiquement disparu de la partie occidentale de l’état de New York. Malgré les récits que fait Finney de glorieux « réveils », la plus grande partie de la Nouvelle Angleterre qui avait été le théâtre de ses campagnes subit une sorte de glaciation spirituelle déjà de son vivant. La région ne s’en est encore pas remise à l’heure actuelle. C’est la conséquence directe de l’influence de Finney et de ceux qui à son époque propageaient des idées semblables. 𝐎𝐧 𝐬𝐞 𝐦𝐢𝐭 𝐚̀ 𝐚𝐩𝐩𝐞𝐥𝐞𝐫 𝐥𝐚 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐞 𝐨𝐜𝐜𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐞́𝐭𝐚𝐭 𝐝𝐞 𝐍𝐞𝐰 𝐘𝐨𝐫𝐤 « 𝐥𝐚 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐛𝐫𝐮̂𝐥𝐞́𝐞 », 𝐞𝐧 𝐫𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐞𝐟𝐟𝐞𝐭𝐬 𝐧𝐞́𝐠𝐚𝐭𝐢𝐟𝐬 𝐝𝐮 𝐦𝐨𝐮𝐯𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐫𝐞́𝐯𝐞𝐢𝐥, 𝐜𝐚𝐫 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐚𝐯𝐚𝐢𝐭 𝐝𝐞́𝐩𝐥𝐨𝐲𝐞́ 𝐥𝐚̀ 𝐬𝐞𝐬 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝𝐬 𝐞𝐟𝐟𝐨𝐫𝐭𝐬. 𝐋𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐜𝐢𝐭𝐬 𝐩𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐞́𝐯𝐨𝐪𝐮𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐚𝐠𝐞 𝐝𝐞 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐞 𝐩𝐡𝐞́𝐧𝐨𝐦𝐞̀𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐬 𝐬𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐥𝐮𝐢-𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐥𝐞 𝐝’𝐮𝐧𝐞 « 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐛𝐫𝐮̂𝐥𝐞́𝐞 » [𝐌𝐞𝐦𝐨𝐢𝐫𝐬, 𝐩. 𝟕𝟖]. 𝐈𝐥 𝐝𝐞́𝐩𝐥𝐨𝐫𝐞 𝐥’𝐚𝐛𝐬𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐥𝐞̀𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐟𝐫𝐮𝐢𝐭 𝐝𝐮𝐫𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐢𝐭𝐞 𝐚̀ 𝐬𝐞𝐬 𝐞𝐟𝐟𝐨𝐫𝐭𝐬 𝐝’𝐞́𝐯𝐚𝐧𝐠𝐞́𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐞𝐭 𝐞́𝐜𝐫𝐢𝐭 :

« 𝐉’𝐚𝐢 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐧𝐭 𝐞́𝐭𝐞́ 𝐮𝐭𝐢𝐥𝐢𝐬𝐞́ 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐬𝐮𝐬𝐜𝐢𝐭𝐞𝐫 𝐜𝐡𝐞𝐳 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐫𝐞́𝐭𝐢𝐞𝐧𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐟𝐨𝐫𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐯𝐢𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐮𝐧 𝐞́𝐭𝐚𝐭 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐨𝐫𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐩𝐞𝐧𝐭𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐟𝐨𝐢… 𝐌𝐚𝐢𝐬 𝐣𝐞 𝐧’𝐚𝐢 𝐩𝐚𝐬 𝐫𝐞́𝐮𝐬𝐬𝐢 𝐚̀ 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞𝐫 𝐝’𝐚𝐭𝐭𝐞𝐢𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐩𝐨𝐢𝐧𝐭 𝐨𝐮̀ 𝐢𝐥𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢̂𝐭𝐫𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭 𝐬𝐮𝐟𝐟𝐢𝐬𝐚𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐞𝐦𝐞𝐮𝐫𝐞𝐫 𝐞𝐧 𝐥𝐮𝐢 ; 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐬𝐮̂𝐫, 𝐢𝐥𝐬 𝐫𝐞𝐭𝐨𝐦𝐛𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐞́𝐭𝐚𝐭 𝐚𝐧𝐭𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐫 » [𝐂𝐢𝐭𝐞́ 𝐩𝐚𝐫 𝐁. 𝐁. 𝐖𝐚𝐫𝐟𝐢𝐞𝐥𝐝, 𝐒𝐭𝐮𝐝𝐢𝐞𝐬 𝐢𝐧 𝐏𝐞𝐫𝐟𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐢𝐬𝐦, 𝟐 𝐯𝐨𝐥𝐬. (𝐍𝐞𝐰 𝐘𝐨𝐫𝐤 :𝐎𝐱𝐟𝐨𝐫𝐝, 𝟏𝟗𝟑𝟐), 𝐯𝐨𝐥 𝟐, 𝐩. 𝟐𝟒].

Un contemporain de Finney fait une évaluation semblable, en termes un peu plus carrés :

« Sur une période de dix années, on a signalé des centaines et même des milliers de convertis, un peu partout ; mais on reconnaît à présent qu’il a y a eu relativement peu de véritables conversions. Même Finney déclare que « la grande majorité d’entre eux déshonorent la religion » [Cité par Warfield, vol. 2, p. 23].

B. B. Warfield cite le témoignage d’Asa Mahan, l’un des associés de Finney :

« …Il nous dit, en peu de mots, que tous ceux qui furent touchés par ces réveils retombèrent malheureusement par la suite : les gens étaient comme des charbons éteints que personne ne peut rallumer. Les pasteurs étaient comme dépouillés de toute puissance spirituelle, de même que les évangélistes. ‘Je les connaissais presque tous personnellement, et je ne me souviens pas d’un seul d’entre eux, excepté le frère Finney et le père Nash, qui n’ait perdu en quelques années toute son onction, et n’ait été disqualifié pour le ministère d’évangéliste ou celui de pasteur. »

Ainsi les « grands réveils de la région de l’ouest » débouchèrent sur un désastre… Maintes fois, quand Finney proposait de revenir dans une église, par une délégation ou par quelque autre moyen on s’opposait à sa visite, pour empêcher ce qui passait pour être une affliction… Même au bout d’une génération, ces enfants qui avaient subi la brûlure craignaient le feu [Warfield, vol. 2, pp. 26-28].

𝐆𝐚𝐠𝐧𝐞́ 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐝𝐞́𝐜𝐨𝐮𝐫𝐚𝐠𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭, 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐜𝐞𝐬𝐬𝐞 𝐝’𝐨𝐫𝐠𝐚𝐧𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐚𝐦𝐩𝐚𝐠𝐧𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐫𝐞́𝐯𝐞𝐢𝐥 𝐞𝐭 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐭𝐞𝐧𝐭𝐚𝐭𝐢𝐯𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐩𝐚𝐬𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐍𝐞𝐰 𝐘𝐨𝐫𝐤, 𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐝’𝐚𝐜𝐜𝐞𝐩𝐭𝐞𝐫 𝐥𝐞 𝐩𝐨𝐬𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐮 𝐂𝐨𝐥𝐥𝐞̀𝐠𝐞 𝐎𝐛𝐞𝐫𝐥𝐢𝐧. 𝐏𝐨𝐬𝐭𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐮𝐱 𝐚𝐧𝐧𝐞́𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐫𝐞́𝐯𝐞𝐢𝐥, 𝐢𝐥 𝐬’𝐞𝐦𝐩𝐥𝐨𝐢𝐞 𝐚̀ 𝐦𝐞𝐭𝐭𝐫𝐞 𝐚𝐮 𝐩𝐨𝐢𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐝𝐨𝐜𝐭𝐫𝐢𝐧𝐞 𝐝𝐮 𝐩𝐞𝐫𝐟𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐢𝐬𝐦𝐞. 𝐋𝐞𝐬 𝐢𝐝𝐞́𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐟𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐢𝐬𝐭𝐞𝐬 𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥’𝐚𝐢𝐫 𝐞𝐭 𝐨𝐟𝐟𝐫𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐮𝐧 𝐞́𝐯𝐞𝐧𝐭𝐚𝐢𝐥 𝐝𝐞 𝐩𝐨𝐬𝐬𝐢𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐡𝐞́𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐞𝐬 𝐠𝐫𝐚𝐯𝐞𝐬, 𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐫𝐠𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐨𝐢 𝐞́𝐯𝐚𝐧𝐠𝐞́𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞. 𝐅𝐢𝐧𝐧𝐞𝐲 𝐝𝐞𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐥’𝐮𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐧𝐜𝐢𝐩𝐚𝐮𝐱 𝐚𝐯𝐨𝐜𝐚𝐭𝐬 𝐝𝐮 𝐩𝐞𝐫𝐟𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐢𝐬𝐦𝐞. L’héritage néfaste du perfectionnisme dont lui et ses amis firent la promotion au milieu du dix-neuvième siècle a fait l’objet d’un examen critique par B. B. Warfield dans son important ouvrage, Studies in Perfectionism. Le perfectionnisme est l’aboutissement logique du pélagianisme de Finney.

𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐨𝐧 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐚𝐢𝐭 𝐬’𝐲 𝐚𝐭𝐭𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞, 𝐢𝐥 𝐦𝐞̀𝐧𝐞 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐜𝐚𝐭𝐚𝐬𝐭𝐫𝐨𝐩𝐡𝐞 𝐬𝐩𝐢𝐫𝐢𝐭𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞.

𝐆𝐚𝐫𝐝𝐨𝐧𝐬-𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐞 𝐣𝐨𝐮𝐞𝐫 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐜𝐞 𝐟𝐞𝐮-𝐥𝐚̀


Phillip R. Johnson

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